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05.01.26

"Les fleuristes ont un rôle social énorme", Valentine, fleuriste à La Rochelle

Comme chaque semaine, Sessile échange avec des fleuristes pour comprendre les réalités de leur métier, et la perception que nous avons des fleurs. Les fleuristes jouent un rôle social essentiel : c’est l’avis de Valentine, fleuriste à La Rochelle, pour qui le contact avec la clientèle est essentiel. La jeune fleuriste rappelle aussi que le métier, au-delà des représentations, est un métier physique où l’on ne compose pas que des bouquets !

Bonjour Valentine, est-ce que vous pouvez nous présenter rapidement votre parcours ?

Je m’appelle Valentine, et je suis fleuriste sur le marché de la Rochelle. A l’origine, mes parents étaient fleuristes, mais je ne me destinais pas vraiment à exercer ce métier ! Il est possible que les moments où je les aidais au magasin avec mon petit frère quand nous étions enfants ait joué un rôle dans mon choix…

J’ai commencé des études, et puis c’est l’occasion qui m’a poussée à me lancer, quand j’ai vu qu’un banc était disponible. Ce qui rend le début de l’histoire un peu particulier, c’est que le confinement a été annoncé juste après le lancement de mon activité… Vraiment pas de chance. J’ai quand même avancé, je n’avais pas le choix ! Alors je me suis concentrée sur ce que je pouvais faire : j’ai créé mon site Internet par exemple.

Quelle est votre préoccupation majeure au quotidien ?

J’ai une obsession pour la qualité des fleurs que je propose à ma clientèle, et c’est un stress permanent puisque les fleurs sont tellement fragiles ! Mon image dépend de la perception que les clients ont de mes fleurs, donc c’est vraiment le sujet crucial.

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A quelles difficultés êtes-vous confrontées ?

La principale pour moi, c’est l’organisation puisque j’ai la particularité d’être une fleuriste de marché.

Et puis je dirais qu’il y a aussi la conjoncture économique qui n’arrange pas les choses : la fleur c’est un produit de luxe, donc tout le monde n’en consomme pas tout le temps. C’est dur pour tout le monde, et j’ai l’impression que la fleur n’est pas une priorité. Je me souviens de l’époque où mes parents étaient fleuristes : j’ai l’impression qu’on achetait alors une botte de fleurs comme on achetait une baguette. Aujourd’hui je sens les clients un peu plus en réflexion, et les achats se font plutôt à la tige.

Une autre difficulté c’est évidemment l’amplitude horaire qui n’est pas toujours évidente à gérer : quand on est fleuriste, on a pas ses jours fériés, pas de dimanches… C’est comme dans tout métier artisanal, il faut être courageux et ne pas compter ses heures !

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    Comment est-ce que vous parlez des fleurs avec vos clients ?

    Ca va vous paraître bizarre mais je parle en réalité très peu de fleurs avec mes clients. Comme je suis sur un marché, je dois être efficace ! En revanche, ce qui parle pour moi, c’est la qualité des fleurs que je propose : c’est pour ça que j’ai une clientèle d’habitués qui reviennent.

    Je pense que si j’y réfléchis bien, c’est peut-être plus moi que je vends que mes fleurs : quand on est commerçant sur un marché, il faut faire de l’animation pour attirer.

    Vous pouvez-vous en dire plus à ce sujet ? 

    Comme tous les commerçants, les fleuristes ont un rôle social énorme. Peut-être même un peu plus, quand on voit à quelle occasion les gens viennent nous voir. Les clients, eux, me parlent beaucoup ! 

    C’est toujours pour un événement marquant, soit une joie qu’ils ont envie de partager, soit une peine qu’ils ont besoin d’exprimer. J’ai l’impression que c’est presque aussi important que les fleurs qu’ils achètent. Et parfois des histoires se créent, et on suit un bout de la vie de nos clients : par exemple j’ai fleuri le mariage d’un couple l’été dernier, et ils ont été très satisfaits. Malheureusement, ce couple a traversé un moment de deuil, et ils ont de nouveau fait appel à moi. Je pense que mon accompagnement les a touchés parce qu’ils m’ont remercié avec une boîte de chocolats.

    Les fleuristes ont un rôle un peu particulier pendant ces moments de deuil, j’ai l’impression qu’on est le petit réconfort de ces périodes difficiles, où il y a tant à gérer, à penser. 

    Si on devait raconter une histoire de la fleur, quel sujet serait essentiel pour vous ?

    Moi j’aimerais vraiment qu’on raconte l’histoire du métier de fleuriste, en enlevant l’aspect fantasme. Beaucoup de mes clientes me disent qu’elles auraient rêvé d’être fleuriste ! Je les comprends puisque c’est le choix que j’ai fait. 

    Il existe en revanche une méconnaissance de notre réalité quotidienne : on pense qu’un fleuriste passe ses journées à réaliser des bouquets, mais ça n’occupe en réalité que 20 % de mon temps ! Et c’est sûr, c’est la partie que je préfère

    Il faut aussi voir tout ce qui va à côté : la manutention par exemple, pendant l’approvisionnement, mais aussi lorsqu’il faut installer la boutique (ou la stand dans mon cas) et tout remballer. Là, avec l’approche des fêtes de Noël, j’ai passé un mois à accrocher des sapins pour décorer des vitrines de commerçants en montant sur une échelle. Physiquement c’est dur !  

    Je voudrais aussi qu’on parle des flux tendus sur lesquels ont est obligés de travailler : la fleur c’est un produit frais et périssable. La gestion des stocks est très compliquée, et on est forcément obsédés par les invendus, puisqu’on a pas envie de jeter des fleurs. 

    Qui sommes nous ?

    Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet déjà de livrer plus de 50% des Français. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.