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23.04.25

Clochette, une ferme pour produire des fleurs bio

Comme chaque semaine, Sessile fait le tour des belles initiatives pour produire des fleurs autrement. Nous avons rencontré Claire, productrice de fleurs en Savoie, qui produit des fleurs bio ; elle nous parle de sa passion et des engagements qu’elle fait vivre au quotidien pour produire des fleurs différemment.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Clochette ?

Je m’appelle Claire et j’ai fondé Clochette, une ferme florale située en Savoie entre Chambéry et Albertville. L’aventure a commencé il y a quatre ans sur une petite surface, et depuis, j’ai progressivement développé mon exploitation !

Je cultive entre 250 et 300 variétés de fleurs sur 4000 m², avec une saison de production s’étalant de mars à début novembre – soit huit mois dans l’année. J’ai fait le choix de produire mes fleurs en agriculture biologique, et j’ai d’ailleurs obtenu la certification : je n’utilise donc aucun intrant chimique, ni pesticide, ni insecticide. Les fleurs sont produites en plein champ, sans forçage, avec uniquement un tunnel froid pour l’hivernage de certaines variétés.

Pour moi, c’était important de m’inscrire dans une démarche d’obtention de label : c’est un acte militant, qui témoigne de ma volonté de recourir à des pratiques agricoles durables. Clochette défend une floriculture artisanale et engagée. Et surtout, profondément respectueuse de l’environnement en cultivant mes fleurs dans un système diversifié et résilient, et donc beaucoup moins soumis aux aléas climatiques

Qu’est-ce qui vous a convaincue de devenir floricultrice ?

C’est le lien avec l’agriculture qui m’a d’abord attirée, avec l’envie de redonner du sens à la production agricole. Je souhaitais construire un modèle paysan, porteur de valeurs humaines, sociales et environnementales. J’avais dans l’idée de recréer un lien fort entre producteur et consommateur, qu’il soit fleuriste ou particulier, et de valoriser l’ensemble de la chaîne, de la graine au bouquet.

J’avais donc foncièrement envie de pratiquer une profession agricole, mais je suis arrivée aux fleurs un peu par hasard !  J’ai très vite été séduite par cette culture qui demande peu de surface et permet en même temps une très grande diversité dans les variétés cultivées. Je me suis d’ailleurs rendue compte qu’il existait une très grande complémentarité entre l’activité paysanne et la fleuristerie, qui ajoute une composante artistique difficile à trouver dans d’autres métiers de l’agriculture. La fleur, c’est un produit qui suscite des émotions positives, qui fait sourire, qui touche ; peu d’activités agricoles offrent une telle gratification à mon sens. 

La dernière difficulté, c’est aussi la vente, il faut l’avouer ! J’ai constitué un réseau de fleuristes locaux à qui je vends les deux tiers de ma production, soit deux tiers des fleurs que je cultive. L’essentiel de ce qu’il reste est destinée à mon activité de fleuriste, principalement pour les événements comme les mariages. Enfin, plus ponctuellement, je participe à quelques marchés. 

Quels sont les aspects de votre métier les plus difficiles au quotidien ?

Être floricultrice, c’est avant tout être paysanne. C’est donc un métier très physique, exigeant, et je suis souvent à quatre pattes dans les champs ! Même si ma ferme est un peu mécanisée, il reste tout de même beaucoup de tâches manuelles.

Le plus difficile, c’est sans doute d’accepter de ne rien maîtriser : le climat, les saisons, les aléas : je ne suis pas toujours en mesure  de garantir à l’avance telle ou telle variété. Certains des fleuristes avec lesquels je travaille acceptent cette incertitude, d’autres moins. Mais ceux qui partagent ses valeurs y trouvent une richesse : des fleurs fraîches, locales, parfois inconnues, qui apportent une touche unique à leurs compositions.

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A votre avis, comment peut-on produire mieux ?

Aujourd’hui, 85 % des fleurs vendues en France sont importées. Et pourtant, le pays disposait autrefois d’une belle production florale. Je pense qu’une des raisons qui a conduit à cette situation, c’est qu’on a trop voulu copier les modèles étrangers, sans en avoir les outils ni les structures.

Pour moi, la solution n’est pas d’imiter les Hollandais, mais de proposer autre chose : des fleurs différentes, adaptées à nos saisons, avec un mode de production respectueux de l’environnement. Je crois fermement que l’avenir de la fleur française réside précisément dans ce modèle de fermes florales, plus humaines et plus proches des consommateurs. 

Je pense qu’une des solutions, c’est de diversifier les systèmes de production. En France, je pense qu’il y a de la place pour produire des fleurs standardisées qui répondront au critère du marché de masse, mais aussi des fleurs plus locales, saisonnières, valorisées différemment.

Enfin, je suis persuadée qu’il faut aussi mener un travail de pédagogie auprès des consommateurs, de la part des fleuristes comme des producteurs ! Nous avons la position parfaite pour les sensibiliser aux saisons, aux différentes variétés, et leur raconter l’histoire des bouquets que nous leur proposons. 

Selon vous, comment Floribalyse peut aider les producteurs ?

Aujourd’hui, le secteur manque cruellement de données concrètes et précises. On lit beaucoup que 85 % des fleurs sont importées, mais j’ai la sensation qu’on s’interdit de penser au-delà !

J’espère que Floribalyse pourra clarifier la situation, objectiver les impacts environnementaux et proposer des pistes d’amélioration dans les systèmes de production. Informer les consommateurs, mettre en avant les pratiques vertueuses, structurer une offre alternative… autant d’enjeux auxquels cette initiative pourrait répondre.

Et finalement, je vois dans Floribalyse un levier pour valoriser des systèmes comme le mien, donner du poids à une autre manière de produire, et faire évoluer les mentalités.

Qui sommes nous ?

Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet déjà de livrer plus de 50% des Français. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.