1. Accueil
  2.  / 
  3.  / 
  4. A Fleur de Peau, des fleurs pour tous
23.04.25

A Fleur de Peau, des fleurs pour tous

Sessile donne la parole à tous les acteurs de la filière, producteurs comme fleuristes. Cette semaine, nous avons rencontré Birgit, fleuriste et fondatrice d’A Fleurs de Peau au Mureaux ; elle nous explique pourquoi fleuriste est le plus beau métier du monde !

Bonjour Birgit, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je m’appelle Birgit, et cela fait maintenant 35 ans que je suis fleuriste. Tout cela a commencé un peu par hasard, par opportunité, et j’ai fait mes débuts en vendant des fleurs sur un bout de trottoir ! Je suis complètement autodidacte, j’ai tout appris du métier en faisant. 

J’ai franchi une étape il y a 20 ans, en ouvrant les portes d’A Fleurs de Peau, mon petit cocon floral aux Mureaux, qui est désormais un commerce historique. J’ai la même clientèle depuis plusieurs générations, et c’est toujours un moment d’émotion quand je me rends compte que je les ai accompagnés dans les moments de joie, pour séduire, pour dire merci, comme pour rendre un dernier hommage à leurs proches. 

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre métier ?

Le plus beau dans ce métier, c’est que rien ne ressemble, tout est différent et se réinvente sans cesse. Je n’ai jamais l’impression de composer deux fois le même bouquet, et évidemment, le cycle des saisons vient encore ajouter de la profusion, de la différence dans la composition. 

Je me lève tous les matins avec un immense bonheur, car une boutique de fleurs est un espace gorgé d’énergies positives ! D’une part, nous sommes entourés de nature, ce qui met toujours en joie ; lorsque mes clients me disent qu’ils se sentent tristes, je leur conseille toujours d’aller faire un tour en forêt, la nature nous offre toujours tout ce dont nous avons besoin. 

Cette énergie positive est également grandement due aux nombreuses émotions de mes clients, que j’accompagne pour des moments qui sont toujours très importants pour eux. 

Au contraire, quels sont les aspects les plus difficiles à gérer ?

Pour moi, c’est simple, j’aime tout dans mon métier, sauf la comptabilité : je repousse toujours le moment de le faire, et je n’aime vraiment pas ça ! De manière générale, les aspects pesants sont tous ceux qui ont un lien avec les démarches administratives. 

Après, j’aime tout le reste ! Je suis toujours en train de m’amuser et les journées passent en un clin d’œil

Quelle a été votre réaction à la polémique autour des pesticides ?

Evidemment, cela m’a attristée, c’est un problème. A mon échelle, je ne vois pas trop comment on peut régler ce problème, à part en respectant les consignes de sécurité comme porter des gants. C’est dommage d’ailleurs que les fleurs bio ne soient pas davantage proposées. 

En tout cas, en ce qui me concerne, je pense que nous devons limiter au maximum notre impact sur l’environnement, comme je vous l’ai dit je suis profondément attachée à la nature. Dans ma boutique, nous recyclons au maximum et nous essayons d’utiliser le plus de kraft possible. 

J’essaie aussi de sensibiliser mes clients à ces questions : pour moi, le fleuriste est l’artisan de la nature, c’est dans notre rôle d’avoir ces discussions avec nos clients.

Rejoignez-nous

Quelle est votre position sur la fleur française ?

Evidemment, j’essaie d’en proposer au maximum en boutique, quand c’est possible. En revanche, mon commerce est dans une ville populaire, et c’est moins facile de se procurer des fleurs françaises que dans des coins plus bobos. 

D’ailleurs, j’ai remarqué un phénomène générationnel assez surprenant au moment de la Saint-Valentin : ce sont davantage les quinquagénaires ou plus qui me demandent spécifiquement des fleurs françaises, tandis que les plus jeunes voulaient catégoriquement des roses rouges !

Et puis parfois, la fleur française est un peu plus coûteuse ; de mon côté, j’ai vraiment envie que la fleur reste un produit populaire et accessible à tous. Nous avons toutes et tous des émotions à partager. D’ailleurs, j’ai aussi constaté que c’est souvent ma clientèle la moins fortunée qui met le plus d’attention et le plus de budget dans les bouquets qu’ils achètent, car c’est souvent un acte important, au cours duquel mes clients ont envie de dire merci. 

Pour vous, c’est quoi le métier de fleuriste de demain ?

J’aimerais beaucoup que la profession tire davantage parti de ce que nous offre la nature : de mon côté j’aime beaucoup glaner en forêt, pour ajouter des morceaux d’écorce à mes bouquets par exemple. A mon sens, cette pratique peut offrir de nombreuses possibilités de composition très enthousiasmantes !

Cela permettrait aussi aux fleuristes de reconnecter leurs clients avec la nature, ce qui est à mon sens la mission première du métier de fleuriste. 

A votre avis, comment Floribalyse peut permettre d’aider les professionnels du végétal ? 

Je pense qu’un projet comme Floribalyse peut permettre d’en savoir plus sur la place des pesticides sur le marché. 

Un autre angle qui m’intéresserait, c’est que le projet puisse aussi permettre de conserver l’aspect populaire des fleurs, et qu’elles soient à des prix abordables. 

Un dernier mot pour conclure ?

Je voulais redire combien j’aime mon métier, qui pour moi est probablement le plus beau du monde. Je n’imagine pas un seul instant qu’une autre profession aurait pu m’apporter autant de joie et d’épanouissement qu’être fleuriste.

D’ailleurs, cette passion doit être un peu contagieuse puisque ma nièce aussi est fleuriste ; elle me dit qu’avoir découvert ce métier a totalement changé sa vie. Il y a de quoi être heureuse !

Qui sommes nous ?

Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet déjà de livrer plus de 50% des Français. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.