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23.04.25

Du Pain et des roses : retrouver le chemin de l’emploi par le métier de fleuriste

Comme chaque semaine, Sessile donne la parole à des acteurs qui s’engagent dans la transformation de la filière par des projets innovants. Cette fois, nous avons rencontré Alexane Heredia, directrice de l’association du Pain et des Roses, qui accompagne des femmes en reconversion  au métier de fleuriste.

Bonjour Alexane, pouvez-vous nous raconter l’histoire de l’association Du Pain et des Roses ? 

L’association Du Pain et des Roses est née en 2017. À l’origine, nous organisions des ateliers d’art floral dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile à destination des femmes. L’idée était d’encourager la créativité des participantes, leur permettre de tisser de nouveaux liens sociaux tout en les aidant à regagner confiance en elles. 

Nous avons rapidement observé que certaines femmes, une fois leur situation régularisée, revenaient vers nous avec l’envie de devenir fleuristes. Or, le secteur de la fleur est en tension, notamment en Île-de-France, avec un vrai besoin de main-d’œuvre. 

En parallèle, nous nous sommes rendu compte que l’offre de formation dans le secteur de la fleur qui existait n’était pas compatible avec notre public car trop longue ou trop coûteuse. C’est pour cette raison qu’en octobre 2020 nous avons ouvert notre propre organisme de formation pour répondre à ce besoin. 

Aujourd’hui, nous sommes 8 salariées, accompagnées de professeurs en freelance qui dispensent les formations. Nous formons environ 30 élèves par an, et avons aussi 48 personnes en préformation. Notre objectif n’est pas d’amener au CAP, qui reste trop long dans ce contexte, mais de proposer une voie rapide, professionnalisante, et inclusive. 

Quel type de formation proposez-vous aux bénéficiaires ? 

Aujourd’hui, nous travaillons sur 4 types d’activités :

  1. Les ateliers hors les murs dans des structures d’hébergement ou auprès de publics fragiles. On y présente le métier, on y amène des fleurs. 
  2. Les cycles de remobilisation psychosociale dans lesquels l’art floral devient un support pour retrouver confiance, estime de soi, et se reconnecter au monde du travail. Nous menons ce projet avec le soutien du département de Seine-Saint-Denis. 
  3. Le programme Mimosa, qui s’étale sur 3 mois, et dont l’ambition est de lever les freins à l’emploi des bénéficiaires à travers l’art floral mais pas uniquement, puisque nous nous attachons aussi à développer d’autres compétences utiles, notamment en dispensant des cours de français. 
  4. La formation qualifiante : nous sommes habilités par la Fédération Française des Artisans Fleuristes (FFAF) pour faire passer la Certification de Qualification Professionnelle (CQP) d’assistant fleuriste. Cette formation dure 4 mois incluant 6 semaines de stage en entreprise. Nous accompagnons actuellement notre 17e promotion, avec un taux de retour à l’emploi très encourageant puisqu’il avoisine les 80 %. 

Rejoignez-nous

La dimension écologique semble très présente dans vos parcours de formation, pouvez-vous nous en dire plus ? 

En effet, c’est fondamental pour nous. Pour commencer, nous utilisons uniquement des fleurs françaises et de saison. Nous souhaitons profondément que les personnes que nous accompagnons apprennent la saisonnalité et perçoivent l’aspect vivant des fleurs. C’est pourquoi nous organisons très régulièrement des visites de fermes florales au sein de nos parcours ! 

Trop souvent, les fleurs sont perçues comme des objets, et nous faisons tout pour que nos formations brisent cette perception. Après nos cycles de formation, les bénéficiaires ne jettent plus une fleur abîmée à la légère ! On les sensibilise aussi à des gestes plus respectueux de l’environnement : compostage des déchets, utilisation de la mousse florale noire (plus écologique), nettoyage des outils au vinaigre blanc… Tout est pensé pour éveiller une conscience écologique chez les publics accompagnés. 

D’ailleurs, nous avons matérialisé cet engagement fort par notre adhésion au Collectif de la Fleur française. 

Dernière question : pourquoi avoir choisi les fleurs comme vecteur de reconversion ? 

Bonne question ! Parce que dans la vie, remplir ses besoins vitaux ne suffit pas. On a tous besoin de beauté, de sens, d’un métier qui donne envie de se lever le matin. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons choisi le nom Du Pain et des Roses : parce que nos formations ambitionnent de permettre un retour à l’emploi pour subvenir à ses besoins, mais elles aspirent aussi à distiller le goût du beau chez les personnes que nous accompagnons. 

Nous avons choisi le métier de fleuriste parce qu’il est à la fois manuel, artistique, et profondément humain. C’est aussi un métier qui est propice à l’épanouissement de soi, et qui rend fier : c’est une composante à ne pas négliger quand on travaille avec un public en reconversion.

Qui sommes nous ?

Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet déjà de livrer plus de 50% des Français. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.