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26.02.26

« Pour moi, le plus important, c’est la question des pesticides » – Ariane, élève fleuriste

Arrivée tardivement au métier de fleuriste, Ariane suit actuellement un Brevet Professionnel. Passionnée par les plantes et sensible aux enjeux écologiques, elle découvre peu à peu les réalités de la filière. Entre attachement au métier et questionnements profonds sur les pesticides et la provenance des fleurs, elle envisage aujourd’hui une possible réorientation.

Bonjour Ariane, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Ma passion pour les fleurs est arrivée assez tardivement. Pendant longtemps, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. J’aimais la littérature et l’art, j’ai commencé des études, et je travaillais en restauration en parallèle pour gagner ma vie. Je suis restée trop longtemps dans quelque chose qui ne me correspondait pas. Je décrochais de la fac, j’avais besoin de faire quelque chose de concret, de travailler avec mes mains.

Le déclic est venu quand j’ai eu une maison avec un jardin. J’ai commencé à m’occuper des plantes, d’abord des plantes racinées, puis j’ai acheté des fleurs pour faire mes propres compositions. J’étais au chômage à ce moment-là, et je me suis dit : pourquoi pas fleuriste ? J’ai tenté… et ça m’a vraiment plu.

Puis j’ai vu l’envers du décor.

À quel moment avez-vous commencé à voir “l’envers du décor” ?

Je viens du jardin, donc pour moi la saisonnalité est évidente. On travaille avec ce qui pousse à l’instant T.

En boutique, j’ai été surprise de voir que le principe de saison n’était pas respecté. Certains consommateurs et fleuristes ont le réflexe pour certaines fleurs, par exemple je pense que les pivoines presque tout le monde a compris qu’on en trouve qu’à partir de mai. Pour la rose, on ne se pose aucune question. Pourquoi cette exception ?

Ensuite, il y a la provenance. Je ne suis pas experte, mais je sais que beaucoup de roses viennent du Kenya ou d’Équateur. Il y a aussi la Hollande, par laquelle transite la majorité des fleurs. Sur la Hollande, mon avis évolue : certaines productions font très bien les choses, avec moins de chauffage ou moins de pesticides. 

Mais dans les pays chauds, il y a des questions sociales, des questions d’eau… tout ceci m’interroge.

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La question des pesticides a-t-elle joué un rôle particulier dans vos doutes ?

Oui, clairement, c’est même la question centrale.

Je viens d’une famille très sensible aux questions écologiques, donc le sujet était déjà présent dans mes réflexions. J’avais donc déjà une sensibilité très forte sur le sujet.

J’ai ensuite découvert qu’il y a “pesticide et pesticide”. Ceux utilisés sur les fleurs ne sont pas soumis aux mêmes contraintes que ceux destinés à l’alimentation, puisqu’on n’est pas censé les ingérer.

Dans l’absolu on pourrait manger les roses, mais celles qu’on manipule en boutique, il faut impérativement éviter de le faire. En plus de l’impact sur la santé humaine, cela pose la question question de leurs effets sur la faune locale, sur la flore…

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    Envisagez-vous d’arrêter le métier ?

    C’est encore un peu flou pour moi. Je réfléchis beaucoup.

    Je vais aller au bout de ma formation, ça c’est sûr. Et tant que je suis dans le métier, j’essaie de faire du bien à mon échelle. Mais je me demande si je peux mettre autant d’énergie dans une activité qui soulève autant de contradictions pour moi.

    Pensez-vous qu’il existe des alternatives plus éthiques ?

    Oui, je pense que c’est possible de faire les choses mieux.

    En CAP, mon projet était d’ouvrir une boutique la plus éthique possible : travailler la saison, choisir ses fournisseurs avec soin, limiter les produits traités. Mais ça demande énormément de temps et d’engagement.

    La question, c’est : est-ce que je veux mettre toute mon énergie là-dedans ? Je n’ai pas encore la réponse.

    Un dernier mot pour conclure ?

    Pour moi, le plus important, c’est la question des pesticides, loin devant les problématiques de transport. Je préfère à la rigueur que les fleurs que je travaille viennent de plus loin tant qu’elles sont moins contaminées.

    Je crois qu’il faut vraiment lutter contre leur usage, ou au moins mieux informer. On ne peut pas continuer à faire comme si ce n’était pas un sujet.

    Les punchlines de l’interview

    Pesticides

    Pour moi, le plus important, c’est la question des pesticides, loin devant les problématiques de transport. Je préfère à la rigueur que les fleurs que je travaille viennent de plus loin tant qu’elles sont moins contaminées.

    Saison

    En boutique, j’ai été surprise de voir que le principe de saison n’était pas respecté. Certains consommateurs et fleuristes ont le réflexe pour certaines fleurs, par exemple je pense que les pivoines presque tout le monde a compris qu’on en trouve qu’à partir de mai. Pour la rose, on ne se pose aucune question.

    Environnement

    Dans les pays chauds, il y a des questions sociales, des questions d’eau… tout ceci m’interroge.

    Qui sommes nous ?

    Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet de faire livrer des fleurs partout en France, en Belgique et au Luxembourg. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.