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26.02.25

Céline Thollet, produire des fleurs autrement

Cette semaine, Sessile a pu rencontrer Céline Thollet, productrice de fleurs en reconversion dans la Loire. Au sein de sa ferme florale, Céline tente de produire autrement pour être en accord avec ses convictions. Elle nous dévoile son quotidien !

Bonjour et merci de nous accorder cet entretien. Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Je suis Céline Thollet, et je suis floricultrice dans la Loire, à Marles à côté de Saint-Etienne pour être précise. J’ai lancé mon activité spécialisée dans la production de fleurs en avril 2023, mais avant cela, j’avais déjà une formation dans le maraîchage. 

A l’origine, j’ai fait des études en langues étrangères appliquées, mais j’ai toujours été attirée par le travail en plein air et sensible aux questions environnementales. J’ai eu une première expérience dans les espaces verts, mais certaines pratiques m’ont interpellée : l’utilisation excessive d’eau, les cultures sous serre chauffée… J’ai voulu proposer un modèle différent, plus en accord avec mes valeurs.

Je dirais donc que ce qui a motivé ma reconversion, c’était mon envie profonde de faire coïncider mes convictions avec mon activité. Pour le dire autrement, j’avais envie de faire les choses autrement, en produisant des fleurs de saison, de manière naturelle et respectueuse de l’environnement.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre exploitation ?

J’ai commencé sur une parcelle agricole de 700 m² et je vais bientôt en acquérir une autre, ce qui me permettra d’atteindre 1 000 m². C’est une petite surface, mais cela correspond à ma philosophie de production : à taille humaine, et donc rendant possible des itinéraires plus sains.

Je cultive exclusivement des fleurs de saison, sans intrants chimiques, et uniquement à partir de semences bio. J’accorde une grande importance au respect de la biodiversité et à la préservation des sols.

Aujourd’hui, je cultive une quarantaine de variétés, parmi lesquelles des dahlias, zinnias, immortelles, cosmos, roses d’Inde, hibiscus, craspedia, statis, tournesols et mufliers. Cette gamme assez large me permet de couvrir la plupart des saisons !

Pour prolonger l’année, je propose également des bouquets de fleurs séchées et des couronnes, que je réalise principalement dans un contexte événementiel.

On a l’impression que les fermes florales éclosent un peu partout en France. Quel est votre constat ?

Oui, de nombreux floriculteurs s’installent, et ont envie de faire les choses différemment. Et je constate même ce phénomène dans la Loire, qui n’est pas historiquement un territoire de culture de fleurs ! En deux ans, j’ai vu une vraie émulation : je fais partie de deux groupes WhatsApp de floriculteurs, chacun comprenant environ une vingtaine de producteurs. Ce sont majoritairement de petites surfaces, la plus grande exploitant 1,5 hectare. Mais c’est un début !

Pour l’instant, je ne fais pas encore partie du Collectif de la Fleur Française, mais j’en ressens le besoin. Il manque une structure qui nous fédère et nous accompagne dans notre développement.

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A qui vendez-vous vos fleurs ?

Je vends principalement à deux fleuristes qui ont leur boutique pas très loin de mon exploitation : la fleuriste du village voisin et une fleuriste itinérante. J’approvisionne aussi des épiceries et des magasins de producteurs, ainsi que des particuliers, principalement dans le cadre de prestations événementielles.

Mon objectif n’est pas de produire à outrance, mais d’assurer une production cohérente avec mes valeurs et la demande locale. J’aimerais continuer à développer mes variétés et renforcer mes circuits de distribution tout en conservant cette approche écologique et artisanale.

Qui sommes nous ?

Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet déjà de livrer plus de 50% des Français. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.