CNPH-La Piverdière : former aux métiers du végétal de demain
Chaque semaine, Sessile part à la rencontre des acteurs du végétal qui s’engagent pour transformer la filière en profondeur. Cette semaine, nous donnons la parole à Frédéric Sérusier du CNPH-La Piverdière, centre de formation pour fleuristes et producteurs, fortement engagés dans une démarche d’écoconception.
Pouvez-vous nous présenter vos activités brièvement ?
Bonjour, je suis Frédéric Sérusier et je suis chef de projet éco-concpetion au CNPH-La Piverdière. Le CNPH propose des formations pour adultes en continu ou en alternance, couvrant la production florale, la fleuristerie, le commerce et la jardinerie. Nous accueillons environ 13 000 stagiaires chaque année sur nos différents sites !
Nous avons plusieurs centres en France. À La Ménitré dans l’Anjou, nous formons des producteurs. Nous avons aussi deux sites à Angers, où nous proposons des formations en merchandising et en fleuristerie. En tout, nous sommes présents dans 12 villes en France, et nous développons notre activité à l’international, notamment en Asie : Corée du Sud, Japon, Taïwan, Macao.
Nous avons lancé de nouveaux projets de formation, notamment un module sur les fermes florales, de manière à accompagner au mieux les jeunes horticulteurs dans leur besoin. Nous insistons particulièrement sur la rentabilité des exploitations qui est un enjeu majeur. Nous constatons une augmentation des projets de production de fleurs coupées et de maraîchage avec des fleurs.
Quels sont les défis majeurs pour les nouveaux horticulteurs ?
La plupart des porteurs de projet ont déjà du foncier, qui n’est donc pas le problème majeur aujourd’hui. De notre côté, nous les accompagnons sur les étapes clés qui conditionnent la réussite de leur projet : l’implantation du terrain, le climat, la chalandise et les débouchés commerciaux disponibles.
Nous les mettons face aux réalités économiques : beaucoup de fermes florales ferment faute de modèle viable. Nous analysons les modèles qui fonctionnent et conseillons de structurer leur circuit de distribution avec des grossistes ou un réseau de fleuristes fidèles. Nous pouvons même nous permettre d’aller plus loin sur certaines thématiques, par exemple en les aiguillant sur la façon de recycler les invendus, par exemple en faisant sécher les fleurs.
Nous recevons en effet de plus en plus d’échos sur la demande en fleurs coupées françaises. Les professionnels souhaitent se lancer par passion et conviction, et le rôle du CNPH est de les accompagner pour qu’ils puissent trouver un modèle pérenne.
Nous leur faisons prendre conscience que production et commercialisation sont deux stratégies distinctes. Ils doivent comprendre les besoins des grossistes et fleuristes, car vendre en vrac ne suffit pas. Nous les aidons à trouver une valeur ajoutée pour optimiser leur production.
Nous leur fournissons aussi des contacts de fournisseurs d’intrants et de jeunes plants, en particulier dans la région de La Ménitré, et les orientons vers des variétés rentables et faciles à produire.
Nous insistons enfin sur la production de feuillage, qui est un élément clé d’un bouquet. Contrairement aux fleurs coupées, le feuillage est plus résistant, plus pérenne et très prisé des fleuristes. D’ailleurs, dans notre école de fleuristerie, nous utilisons uniquement du feuillage glané sur l’exploitation et achetons des fleurs françaises quand c’est possible.
Comment abordez-vous la thématique du changement climatique dans vos modules de formation ?
Sur cette question, nous avons très tôt eu envie de fournir les clés à nos étudiants sur les enjeux qui deviennent indispensables. Il y a 3 ans, nous avons donc lancé un projet d’ACV des produits horticoles avec un collectif de 18 producteurs et le cabinet O2M. En tant que centre de formation, notre rôle est d’acculturer les producteurs pour qu’ils adoptent les bons réflexes.
Nous leur permettons par exemple de mieux appréhender les enjeux d’impact environnemental en leur fournissant les clés de lecture, par exemple de distinguer un bilan carbone, qui va se focaliser sur le changement climatique, et une analyse de cycle de vie qui permet une lecture beaucoup plus large de l’impact d’une production.
Une fois les premières notions assimilées, nous leur offrons la possibilité de se familiariser avec le logiciel Hortix développé par O2M, de manière à ce qu’ils puissent être pleinement indépendants dans la saisie des données et l’interprétation des résultats. C’est d’ailleurs une composante fondamentale de notre ambition : nous souhaitons que les producteurs puissent être indépendants sur ces questions.
Enfin, nous les accompagnons pour valoriser leurs efforts d’éco-conception, en leur offrant des pistes de réflexion sur la communication, de manière à ce que leurs efforts puissent ensuite se répercuter sur leur marque employeur par exemple.
Qui sommes nous ?
Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet déjà de livrer plus de 50% des Français. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.