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18.02.25

Floribalyse : des précisions sur notre calendrier technique !

Floribalyse, c’est le projet que Sessile porte au sein de la filière en partenariat avec l’institut ASTREDHOR et l’ADEME. Notre ambition est de collecter les données de production françaises pour envisager des pistes d’amélioration pour les professionnels du secteur et offrir une meilleure information aux consommateurs. Cette semaine, nous vous proposons de retrouver les grandes étapes techniques qui jalonneront le projet. Et nous vous réservons aussi une petite surprise à la fin de l’article !

Etape 1 : prendre en main de l’outil (fin février 2025)

Notre priorité dans le projet sera évidemment de prendre en main l’outil que nous avons retenu : pour rappel, nous avons fait le choix de MEANS développé par l’INRAE, un institut de recherche public spécialisé dans les questions agricoles. 

Pourquoi est-ce que cela est important ? Car celui-ci est le fruit de l’approche française de l’analyse de cycle de vie, et synthétise les réflexions des spécialistes de l’INRAE et de l’ADEME. Pour débuter nos travaux, nous devons donc comprendre comment il fonctionne afin de pouvoir collecter les données dans les meilleures conditions. 

Du côté de l’équipe Floribalyse, c’est David, ingénieur agronome chez ASTREDHOR qui va s’y coller ! Notre objectif est de maîtriser l’outil d’ici fin février pour pouvoir déterminer les intrants qui rentreront en ligne de compte dans nos calculs.  

Etape 2 : Réaliser le document d’inventaire (fin février 2025)

Une fois que l’outil est en place, nous serons en mesure de connaître tous les intrants qui doivent entrer dans le modèle de calcul. C’est à partir de ce moment que nous serons en mesure de définir un inventaire (autrement appelé ICV, inventaire de cycle de vie), qui nous permettra de démarrer la phase de collecte. 

Concrètement, il s’agira du squelette de l’analyse de cycle de vie que nous allons réaliser. Il nécessitera sans doute quelques ajustements à, l’issue de la première phase de collecte, mais une fois opérationnel, il sera relativement facile de le réutiliser pour des variétés différentes. 

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Etape 3 : Déterminer les variétés à l’étude (courant mars 2025)

Au cours de cette phase, nous devons déterminer les variétés qui seront soumises à l’étude, avec un double critère de sélection : qu’elle soit représentative de la production française, et qu’elle soit représentative des habitudes d’achat des consommateurs. 

Nous procéderons par étape : nous commencerons probablement par étudier 5 variétés de saison entre mars et l’été de manière à avoir de premiers résultats que nous pourrons analyser, et tester l’outil. Nous élargirons ensuite à d’autres variétés d’automne au mois de septembre-octobre de manière à disposer d’un panel de fleurs plus représentatif. 

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    Etape 4 : Collecter les données sur site (courant mars 2025)

    Vient ensuite l’étape clé du projet : la collecte des données directement sur site. Pour ce faire, nous disposerons d’accès à la station d’expérimentation d’ASTREDHOR Méditerranée, ainsi que de partenariats avec des producteurs de fleurs du Var. Etant donné la complexité de certains itinéraires de production, il est indispensable de se rendre sur place pour collecter les données. 

    C’est à ce moment que nous serons en mesure d’évaluer la consommation énergétique moyenne pour la production de telle variété de fleurs, les quantités de phytosanitaires utilisés, ou encore évaluer les ressources en eau pour chaque étape… Bref, cette étape sera le cœur même du projet ! 

    Sur cet aspect, c’est Laurent d’Astredhor qui ira réaliser les prélèvements sur place !

    Etape 5 : Approfondir la réflexion sur FloriPEFCR (courant de l’été 2025)

    L’ambition du projet Floribalyse est d’apporter une lecture nouvelle de l’analyse environnementale des fleurs coupées. Nos équipes sont attachées à questionner les limites des modèles existants dans une démarche scientifique critique. 

    En approfondissant notre maîtrise de l’outil et de sa logique, nous serons à même de porter un regard plus éclairé sur le référentiel européen FloriPEFCR. En effet, nous souhaitons collaborer à la refonte de ce référentiel qui doit arriver en fin de validité en 2025. Il s’agit d’une belle opportunité pour la filière française de faire entendre ses différences et de démontrer qu’elle peut elle aussi contribuer à la réflexion réglementaire européenne en matière de production horticole. 

    Floribalyse est donc une belle occasion de proposer des ajustements, données à l’appui, sur la méthode proposée par l’université de Wageningen, et ainsi de faire valoir les spécificités de la production française. Nous pourrons alors démontrer que la filière française peut elle aussi contribuer à la réflexion réglementaire européenne en matière de production horticole. 

    C’est à cette étape que nous testerons différentes variations sur la pondération (ou coefficient) des différents critères, à défaut de pouvoir jouer sur les données d’entrée. En effet, en matière d’ACV, les lignes directrices du référentiel européen, le Product Environmental Footprint (PEF), sont particulièrement rigides.   

    Etape 6 : Élargir le champ d’étude (septembre 2025 puis janvier 2026)

    Début septembre, nous relancerons l’opération de collecte sur 5 nouvelles variétés de saison, afin d’élargir le spectre d’analyse de Floribalyse. Nous lancerons une nouvelle salve de collecte durant l’hiver 2026 pour compléter le panel de variétés à l’étude, et disposer ainsi d’une gamme représentative des fleurs que l’on peut trouver sur l’étal de son fleuriste. 

    Nous souhaitons aussi tester d’autres itinéraires de production, potentiellement de taille plus réduite comme les fermes florales, pour comparer les méthodes de production conventionnelles et les méthodes alternatives. 

    Etape 7 : Contrôler les données pour s’assurer de leur solidité (septembre 2025)

    L’une de nos principales préoccupations est d’éviter de reproduire les biais que nous avons pu constater dans d’autres études, notamment sur la rose : il faut garder en tête que l’analyse de cycle de vie est une discipline en perpétuelle évolution, et qu’aucun référentiel, aucune méthode, n’est parfaitement infaillible ou indiscutable.

    Afin de contrôler les données que nous avons collectées, nous les soumettrons à une lecture critique confiée à un cabinet indépendant : cette étape devrait nous permettre de corriger les biais éventuels qui auraient pu subsister au lancement de l’opération. 

    Nous souhaitons aussi être en mesure de comparer les différences de résultats entre l’outil de saisie que nous avons choisi, et un autre outil d’ACV spécialement conçu pour mesure l’impact environnemental de la production horticole (Flori Footprint) 

    Cette analyse comparée devrait nous permettre d’identifier les facteurs sous-estimés par les méthodes d’ACV classiques. Par exemple, nous devrions être en mesure de confirmer s’il existe un biais dans la prise en compte des pesticides dans les modèles faisant référence en Europe. 

    Au-delà de l’aspect technique, un projet humain !

    Floribalyse constitue un joli défi technique pour agréger les données de production de fleurs en France, mais ce n’est pas tout ! C’est aussi et surtout un projet à l’échelle d’une filière qui doit permettre à tous les acteurs de disposer d’outils pour améliorer leurs pratiques. Cette dimension collective et humaine du projet, nous avons souhaité lui donner corps !

    C’est pourquoi nous allons réaliser une série documentaire consacrée à nos travaux sur le projet : les constats et réflexions qui nous ont poussé à entreprendre Floribalyse, nos événements et avancées, et toutes les rencontres qui nous auront permis d’avancer, de l’exploitation de producteurs de fleurs jusqu’au magasin des fleuristes. 

    Notre objectif est double : d’une part, nous souhaitons vous montrer l’intégralité des phases du projet dans un souci de transparence et de collaboration. Ce documentaire sera aussi l’occasion de prendre la fleur comme occasion de parler de transition écologique et des enjeux du marché de la fleur avec simplicité et pédagogie.

    Nous vous proposons de découvrir ici le premier épisode !

    Qui sommes nous ?

    Sessile lutte pour l’indépendance des artisans fleuristes sur Internet. Fondé en 2019 par 6 amis, Sessile rassemble 500 fleuristes, engagés dans la transformation de la filière et permet de faire livrer des fleurs partout en France, en Belgique et au Luxembourg. En brisant la logique de catalogue sur Internet, le réseau met en avant le savoir-faire de chaque fleuriste et contribue à faire vivre l’art floral. Les fleuristes peuvent faire vivre leur passion et conçoivent des bouquets plus créatifs car ils sont ainsi plus libres de proposer des fleurs de saison, des fleurs locales quand c’est possible.